Image "Menace du sol" tirée du livre "Le Jungle dans le Sol"". Ink and Colour

News #6 - Le sol, une ressource en danger

Grâce aux sols, l'agriculture peut produire des légumes, du pain, de l'huile, de la viande, du lait, du fromage et bien d'autres aliments. Chaque fois qu'une salade est récoltée ou qu'une vache est traite, notre sol a travaillé dur pour cela. À long terme, cela peut le mettre sous pression et il peut même en résulter une perte de matière, causée par l'érosion, surtout dans l'agriculture.

On estime que plus de la moitié des surfaces agricoles dans le monde sont touchées par l'érosion. Au total, 40 milliards de tonnes de terre fertile sont perdues par ce biais chaque année. C'est l'équivalent de la charge d'un train de marchandises faisant 400 fois le tour de la terre! L’une des raisons est notamment le travail intensif de labourage qui brise la structure stable du sol, le fragmente et l'effrite, le rendant vulnérable à l'érosion par le vent et l'eau. Si de grandes parties du sol ne sont pas recouvertes de plantes, comme c'est souvent le cas sur les surfaces arables, le risque d'érosion augmente également.

 Un autre problème concerne l'apport de pesticides dans le sol. Ils sont utilisés pour protéger les plantes contre les parasites et sont utiles pour une gestion efficace des cultures. Or, seule une partie des pesticides adhère réellement aux plantes. Près de la moitié de ces produits parviennent directement sur le sol et finissent par y pénétrer. Là, ils peuvent affecter le nombre ainsi que la biodiversité des organismes vivants du sol. On ne sait pas encore très bien comment cela se produit ni quelle en est la gravité. Certains pesticides sont très persistants. Une étude récente publiée par Agroscope a montré que même après 20 ans d'agriculture biologique sans utilisation de pesticides synthétiques, jusqu'à 16 pesticides synthétiques différents étaient encore présents dans le sol. Une agriculture plus respectueuse du sol pourrait réduire ces effets négatifs. C'est ce que montre une étude publiée récemment par Agroscope. Les chercheuses et chercheurs ont comparé différentes techniques culturales, tels que l'agriculture biologique ou conventionnelle, avec et sans labour, dans le cadre d'un vaste essai sur le terrain. Les résultats montrent que dans l'agriculture biologique, qui se passe de pesticides chimiques de synthèse, l'écotoxicité est inférieure de 81%. Dans le même temps, la biodiversité des plantes herbacées est supérieure de 230%.

 Érosion sur un champSi l'eau ne peut pas s'infiltrer, elle ruisselle à la surface et entraîne la couche supérieure du sol avec elle. © Agroscope, Volker Prasuhn

 Le ruissellement de l'eau provoque des tranchées profondes.Le ruissellement de l'eau peut provoquer des tranchées profondes. © Agroscope, Volker Prasuhn

 L'agriculture sans labour a également un autre effet important. L'érosion est réduite de 93% par rapport à l'agriculture avec labour. Cependant, on utilise souvent dans ce cas davantage de pesticides, car les mauvaises herbes pourraient autrement prendre rapidement le dessus dans les systèmes sans labour. En outre, dans le cas de certaines de ces méthodes culturales plus respectueuses, comme l'agriculture biologique, les rendements sont nettement inférieurs, de l'ordre de 20%. Nous devons donc réfléchir à la manière dont nous pouvons protéger les sols tout en maintenant des rendements stables. C'est le grand défi de ces prochaines années.

Malheureusement, de nouvelles menaces pour le sol ne cessent d'apparaître. L'une d'entre elles sont les déchets plastiques que l’on trouve dans les champs. S'ils ne sont pas retirés à temps, ils se décomposent et se transforment en microplastique, qui peut persister dans le sol pendant une très longue période, avec des conséquences encore inconnues pour les organismes du sol et l'environnement.